- « Migrant » n'existe pas — aucun texte de loi n'attribue de droit à un « migrant ». Et « réfugié » recouvre quatre situations aux droits opposés.
- 845 $ pour tout le monde — un demandeur d'asile touche exactement le même barème d'aide de dernier recours qu'un Québécois de naissance : 800 $ de base plus 45 $ d'ajustement.
- Le HLM est fermé — il faut être citoyen ou résident permanent, plus 12 mois de résidence. Ça exclut les demandeurs d'asile, les travailleurs temporaires et les étudiants. Aucune priorité liée à l'origine.
- Le demandeur d'asile est exclu de l'aide à la francisation — il a droit aux cours, pas à l'argent. La norme le nomme explicitement.
- Le réfugié réinstallé arrive endetté — jusqu'à 15 000 $ par famille à rembourser au Canada pour son propre transport.
« Quel est le parcours d'un immigrant à son arrivée? À quelles aides a-t-il droit? Priorité au logement? Subvention au loyer, à l'emploi? »
Un lecteur a posé la question. On est allés chercher ce qui est public et officiel — barèmes du MESS, directives du MIFI, norme de francisation, règlement sur les HLM, données de l'ASFC — et on les a mis côte à côte. On publie ce qu'on a trouvé, que ça confirme ou non ce qui circule.
Une question qui mérite d'être creusée? Écrivez-nous. Les demandes de lecteurs ne sont jamais publiées sous le nom du demandeur.
La question revient dans tous les fils de commentaires, et presque toutes les réponses qui circulent sont fausses. Pas parce que les gens mentent, mais parce que la question elle-même est mal posée : elle traite « l'immigrant » comme une seule personne. Il n'y en a pas une. Il y en a sept, avec des droits qui vont du forfait d'installation complet à rigoureusement rien. On a pris chaque statut, on est allés au document officiel de l'instance responsable, et on a mis les barèmes côte à côte. Voici ce que ça donne.
1. Le tri des mots, avant l'argent
Commençons par le plus inconfortable : le mot « migrant » n'a aucune existence juridique au Canada. Aucune loi, aucun règlement, aucune directive ne l'utilise pour accorder ou refuser quoi que ce soit. C'est un mot de conversation. Quand quelqu'un demande « ce que reçoit un migrant », il n'existe pas de réponse — parce qu'il n'existe pas de catégorie.
Le mot « réfugié » est pire, parce que lui existe, mais qu'il recouvre quatre situations légales aux droits radicalement différents. Deux personnes que tout le monde appellerait « réfugiées » peuvent se retrouver l'une avec la résidence permanente, un forfait d'installation et un an d'accompagnement, l'autre sans statut, sans forfait et exclue de la moitié des programmes.
La vraie ligne de fracture n'est pas migrant contre réfugié. Elle est entre celui qui arrive avec la résidence permanente et celui qui arrive sans statut. Tout le reste en découle.
2. Les sept statuts, et ce que chacun reçoit
Résident permanent
Statut à l'arrivée : permanent · Aide de dernier recours : oui, mêmes barèmes · HLM : admissible après 12 mois · Santé : RAMQ, délai de carence jusqu'à 3 mois · Francisation : 230 $/sem à temps complet · Dette : aucune
Réfugié réinstallé, pris en charge par l'État
Statut à l'arrivée : permanent · Aide de dernier recours : oui, plus forfait d'installation · HLM : admissible après 12 mois · Santé : RAMQ sans délai de carence · Francisation : 25 $/sem de transport s'il est prestataire · Dette : prêt de transport, jusqu'à 15 000 $/famille
Réfugié parrainé par le privé
Statut à l'arrivée : permanent · Aide de dernier recours : non — ce sont les répondants qui paient, 12 mois · HLM : admissible après 12 mois · Santé : RAMQ sans délai de carence · Francisation : 230 $/sem à temps complet · Dette : prêt de transport, à sa charge et non celle des répondants
Réfugié reconnu au Canada
Statut à l'arrivée : asile accordé, RP pas encore obtenue · Aide de dernier recours : oui · HLM : non, tant que la RP n'est pas obtenue · Santé : PFSI 90 jours, puis RAMQ · Francisation : admissible à l'aide financière · Dette : aucune
Demandeur d'asile
Statut à l'arrivée : aucun, demande en traitement · Aide de dernier recours : oui, mêmes barèmes, si situation précaire · HLM : non · Santé : PFSI fédéral, pas la RAMQ · Francisation : cours oui, argent non — exclu nommément · Dette : aucune, mais aucun forfait non plus
Travailleur étranger temporaire
Statut à l'arrivée : temporaire · Aide de dernier recours : non, généralement exclu · HLM : non · Santé : RAMQ avec délai de carence jusqu'à 3 mois, exceptions pour l'agricole saisonnier · Francisation : admissible à l'aide financière · Dette : aucune
Étudiant international
Statut à l'arrivée : temporaire · Aide de dernier recours : non · HLM : non · Santé : selon entente de sécurité sociale, sinon assurance privée · Francisation : admissible à l'aide financière · Dette : ses droits de scolarité
Sources : MESS, MIFI, RAMQ, SHQ, IRCC. Barèmes en vigueur au 1er avril 2026 sauf indication contraire.
3. Le logement : non, il n'y a pas de priorité
C'est la croyance la plus répandue, et c'est celle qui se démonte le plus vite. Le Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique exige d'être citoyen canadien ou résident permanent au sens de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, et d'avoir habité au Québec — ou sur le territoire de sélection de l'office, si celui-ci l'a prévu — au moins 12 mois au cours des 24 mois précédant la demande. À quoi s'ajoute un plafond de revenu.
Traduction : un demandeur d'asile, un travailleur temporaire et un étudiant international ne peuvent tout simplement pas déposer de demande. Et un résident permanent fraîchement arrivé doit attendre un an avant d'y avoir droit — comme n'importe quel Québécois qui déménagerait d'une autre province.
Les seules priorités prévues au règlement concernent les personnes victimes de violence conjugale et celles dont le logement a été détruit par un sinistre. Rien sur l'origine, rien sur le statut migratoire.
Ce qui n'empêche pas les listes d'attente d'être longues. Mais elles le sont pour une autre raison, qu'on a documentée ailleurs : l'arithmétique de l'OMH de Sherbrooke et le décompte des logements vides en disent plus long que n'importe quel débat sur l'immigration.
4. L'argent mensuel : le même barème pour tout le monde
Il n'existe pas de programme d'aide financière réservé aux nouveaux arrivants au Québec. Le Programme d'aide à la réinstallation, celui qu'on cite constamment sur les réseaux sociaux avec ses montants fédéraux, est en vigueur dans toutes les provinces sauf le Québec. Ici, en vertu de l'Accord Canada-Québec, c'est la province qui administre — et elle utilise ses propres programmes, les mêmes que pour tout le monde.
Aide sociale — montants mensuels, avril 2026
Source : Québec.ca, montants des prestations d'aide sociale, mise à jour du 1er avril 2026. Identiques quel que soit le lieu de naissance.
Le « 2 500 $ par mois » qui circule n'apparaît dans aucun barème québécois. Il n'existe pas.
Et si le montant vous semble bas, ce n'est pas une impression : c'est le même mur fiscal qu'on a décrit dans « Faut-il rester pauvre pour mieux s'en sortir? ». Il frappe tout le monde de la même façon.
5. Le forfait d'installation : le seul vrai « en plus »
C'est ici que le réfugié réinstallé se distingue de tous les autres. Il reçoit, une seule fois, un forfait d'installation versé par chèque, dont la directive du MIFI précise l'usage : achat de vêtements de base et d'hiver, produits alimentaires et ménagers de base, frais d'ouverture de dossier chez le fournisseur d'électricité, photo pour la carte d'assurance maladie, frais scolaires s'il y a lieu.
Forfait d'installation
Barème de l'exercice 2022-2023. Indexé annuellement, montants courants non publiés.
Source : MIFI, directive V3-03-2019, Aide financière à l'installation, PASI sous-volet 3B.
Le détail que personne ne devine : le forfait d'hiver est plus bas que celui d'été. Pas parce qu'on donne moins, mais parce que la valeur des habits d'hiver et des bottes remis à l'aéroport est déduite du montant. Ce n'est pas un ajout, c'est un transfert.
S'ajoutent 78 $ de frais scolaires au préscolaire et au primaire, 126 $ au secondaire — et lorsque l'enfant arrive hors de la période visée, c'est le MESS qui verse l'équivalent, jamais les deux. À l'aéroport, une aide comptant de 10 $ par personne couvre les imprévus de l'hébergement temporaire; ce montant est ensuite déduit du forfait.
Les meubles, électroménagers et articles ménagers sont fournis en nature, jamais en argent. L'annexe de la directive liste ce que ça comprend, jusqu'au balai, au grille-pain et à la salière.
Côté logement : quelques jours en hébergement communautaire ou à l'hôtel, puis accompagnement dans la recherche d'un logement permanent — sur le marché privé. Aucun HLM, aucun logement réservé. Le règlement le leur interdirait de toute façon pendant douze mois.
Et la directive est catégorique : l'aide est remise une seule fois. Ceux qui déménagent ou se séparent en cours d'année ne reçoivent rien d'autre, et aucune mesure ne prévoit le remplacement de ces fonds.
6. La francisation : jamais les deux
C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, et la réponse est nette. La norme du Programme québécois d'apprentissage du français, cinquième édition de juillet 2026, prévoit que l'allocation de participation n'est pas versée à la personne qui reçoit des prestations d'assistance sociale — ni d'assurance-emploi, ni de la CNESST, ni du RQAP, ni de la SAAQ.
Francisation à temps complet — trois cas, jamais de cumul
Prestataire d'aide sociale
845 $/mois + 25 $/semaine de transport. Pas d'allocation de participation, pas de frais de garde.
Sans soutien public du revenu
230 $/semaine + jusqu'à 25 $/jour par enfant à charge.
Demandeur d'asile
Aucune aide financière. Exclu nommément de la norme. Il a droit aux cours, pas à l'argent.
Source : MIFI, PQAF – Aide financière 2024-2027, 5e édition, juillet 2026, clauses 4.2.2 et 4.4.
Trois autres verrous, souvent absents des discussions : l'aide est plafonnée à 1 980 heures de cours, tous parcours confondus; rien n'est versé pendant les interruptions, congés ou vacances; et le Ministère exige le remboursement des sommes versées en trop. L'allocation à temps partiel, elle, a été abolie le 23 septembre 2024 — la plupart des textes qui circulent citent encore le régime d'avant.
7. Ce qu'il doit rembourser
Le réfugié réinstallé arrive endetté envers le Canada. Le Programme des prêts aux immigrants couvre son transport jusqu'ici : maximum 15 000 $ par famille, sans intérêt, remboursement à partir d'un an après l'arrivée, sur trois à huit ans selon le montant. Ce sont les réfugiés qui remboursent — pas les répondants, même en parrainage privé.
Un ménage qui commence sa vie ici avec un solde à payer pour son propre billet d'avion : c'est le contraire exact de ce qu'on entend.
8. Les obligations — et qui les porte vraiment
Du côté de la personne parrainée, l'obligation est formulée simplement : déployer tous les efforts envisageables pour devenir autonome le plus rapidement possible.
Mais l'obligation la plus lourde du système ne pèse pas sur l'immigrant. Elle pèse sur le Québécois qui parraine. Si la personne parrainée touche de l'aide de dernier recours, des prestations spéciales — lunettes, soins dentaires, appareils auditifs — ou un hébergement en CHSLD pendant l'engagement, le garant doit rembourser au gouvernement la totalité des sommes versées.
L'engagement est de trois ans pour un conjoint. Et la dette a une durée de vie remarquable : elle survit à la séparation, au divorce, et même à l'obtention de la citoyenneté canadienne par la personne parrainée. Elle ne cesse qu'au décès du garant. Tant qu'elle n'est pas acquittée, celui-ci ne peut parrainer personne d'autre.
En parrainage collectif, le groupe ou l'organisme doit puiser dans ses propres ressources financières, et il lui est expressément interdit de recevoir de l'argent de la personne réfugiée, de sa famille ou d'un tiers pour financer l'engagement.
9. En cas d'échec : il est renvoyé
L'ASFC est légalement tenue de renvoyer le plus rapidement possible tout ressortissant étranger visé par une mesure de renvoi exécutoire. Une mesure d'interdiction de séjour oblige à quitter le Canada dans les 30 jours suivant le moment où elle devient exécutoire. Une demande d'examen des risques avant renvoi déposée dans les délais suspend l'exécution.
Mesures de renvoi exécutées au Canada
Source : ASFC, années civiles. Hausse de 52 % en deux ans.
En 2025, 19 225 des 23 160 renvois visaient des demandeurs d'asile déboutés — plus de quatre sur cinq. Et le Québec en absorbe la part du lion : 10 628 renvois, près de la moitié du pays. La tendance se maintient en 2026 : au premier trimestre, 4 352 des 5 260 renvois concernaient la même catégorie.
Le frein n'est pas la volonté politique. L'obstacle le plus fréquent, selon l'Agence elle-même, est l'obtention des documents de voyage auprès des pays qui refusent de coopérer au retour de leurs propres ressortissants.
Note de méthode : les chiffres ci-dessus sont en années civiles. La cible ministérielle de 20 000 renvois est établie en exercices financiers. Les deux séries ne se comparent pas et n'apparaissent pas ensemble ici.
10. Le rendement? Personne ne peut vous donner ce chiffre
C'est la question qui revient toujours en dernier : au total, est-ce que ça rapporte ou est-ce que ça coûte? On a cherché. La réponse honnête est qu'aucune statistique officielle ne mesure ça, et que tout chiffre qui circule là-dessus est un modèle, pas une mesure.
Trois raisons, et elles sont dirimantes.
D'abord, le résultat dépend entièrement d'hypothèses invisibles : l'horizon retenu, l'inclusion ou non des enfants nés ici, le coût de santé et d'éducation compté au marginal ou au moyen, le taux d'actualisation. Changez-en une seule et le signe du résultat peut s'inverser.
Ensuite, les statuts ont des profils opposés. Le travailleur temporaire paie ses impôts et n'a accès à presque rien. Le demandeur d'asile touche avant de pouvoir travailler. Le résident permanent économique est sélectionné précisément sur sa capacité de gain. Additionner les trois produit un nombre qui ne décrit personne.
Enfin, les chiffres qu'on vous lance ne sont pas une comptabilité. Les 507,7 M$ versés par le Québec en aide de dernier recours à des demandeurs d'asile en 2024 et les 867 M$ de transfert fédéral pour 2024-2025 sont des positions dans une négociation fédérale-provinciale. Ils ne se soustraient pas l'un de l'autre, et aucun des deux n'a été construit pour répondre à la question du rendement.
Ce qu'on peut documenter, en revanche, c'est la durée — et là aussi, il faut être précis. Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale a confirmé par écrit que la durée cumulative moyenne des demandeurs d'asile à l'assistance sociale est passée de 11,8 à 17,9 mois entre juillet 2024 et juillet 2025. Celle des autres prestataires, sur la même période, est passée de 148,8 à 187,7 mois. L'écart d'un facteur dix tient parce que les deux séries ont monté ensemble. Le cabinet du ministre, lui, parlait plutôt de 11 à 13 mois. Trois chiffres, trois façons de mesurer, trois dates. Quiconque n'en cite qu'un vous vend une conclusion.
Deux autres faits, moins commodes pour tout le monde. Plus de 70 % des demandeurs d'asile détiennent un permis de travail. Et entre janvier et juillet 2025, le MESS a reçu 11 202 demandes d'aide de dernier recours de la part de demandeurs d'asile, contre 28 157 à la même période l'année précédente — une baisse de 60 %. Le Ministère précise par ailleurs que le 507,7 M$ englobe tous les ménages comptant au moins un demandeur d'asile, alors que le nombre de prestataires n'a progressé que de 6 % en un an, de 38 158 à 40 358. Le montant a explosé; la clientèle, non.
Ce qu'il faut retenir
Il n'existe pas de guichet spécial. Il existe sept statuts, un règlement d'attribution qui ferme les HLM à quiconque n'a pas la résidence permanente et douze mois de résidence, un barème d'aide sociale identique pour tous, une norme de francisation qui exclut nommément les demandeurs d'asile de l'aide financière, un forfait d'installation versé une seule fois aux seuls réfugiés réinstallés, un prêt de transport à rembourser, et un système de renvoi qui a expulsé 19 225 demandeurs déboutés en 2025.
Quant à savoir si tout ça rapporte : personne ne le sait, et ceux qui affirment le contraire vous montrent un modèle en le faisant passer pour une mesure. C'est peut-être la seule chose vraiment utile à retenir.
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- PEQ : le portail plante le jour 1 — quand le système de sélection lui-même ne tient pas la route.
- Zéro ménage sans logement à Sherbrooke — et personne pour compter les logements vides.
Sources
[1] Gouvernement du Québec — « Montants des prestations d'aide sociale chaque mois » — mise à jour du 1er avril 2026
[2] Gouvernement du Québec — « Programme de logement sans but lucratif (Programme HLM) » et Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique (RLRQ, c. S-8, r. 1)
[3] IRCC — « Programme d'aide à la réinstallation », lignes directrices — programme en vigueur dans toutes les provinces sauf le Québec
[4] Gouvernement du Québec — « Personnes réfugiées prises en charge par le gouvernement » — mise à jour du 30 juin 2026
[5] MIFI — Directive V3-03-2019, « Aide financière à l'installation », Programme d'accompagnement et de soutien à l'intégration, sous-volet 3B — mise à jour du 30 janvier 2023, barème de l'exercice 2022-2023
[6] MIFI — « Programme québécois d'apprentissage du français — Aide financière 2024-2027 », 5e édition, juillet 2026
[7] RAMQ — « Connaître les conditions d'admissibilité à l'assurance maladie »
[8] IRCC — « Programme des prêts aux immigrants » et Guide du fournisseur de services du Programme d'aide à la réinstallation
[9] Gouvernement du Québec — « Comprendre les responsabilités et les obligations liées à l'engagement » et « Responsabilités et obligations des garants » (parrainage collectif)
[10] ASFC — « Exécution des mesures de renvoi du Canada »; données de renvois par année civile rapportées par La Presse, 3 juillet 2026
[11] Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale — données transmises à Radio-Canada et au Devoir, 2025
[12] Gouvernement du Québec — « Aide financière pour l'embauche des personnes immigrantes et issues de minorités visibles » (PRIIME)
