PEQ : le portail plante le jour 1, et l'immigration s'invite dans la course de Sherbrooke
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PEQ : le portail plante le jour 1, et l'immigration s'invite dans la course de Sherbrooke

4 min de lecture

  • Réouverture ratée — le PEQ a rouvert le 2 juillet à 8 h 30 sur Arrima; plusieurs candidats ont été déconnectés ou incapables d'accéder à la plateforme dès l'ouverture.
  • « Chaos », « crash monumental » — les avocats en immigration ont décrit une panique généralisée; le MIFI a reconnu des difficultés liées au fort volume, tout en affirmant que la plateforme était fonctionnelle.
  • Une porte étroite — seules les personnes qui répondaient aux critères au 19 novembre 2025 (date de l'abolition) sont admissibles pour cette première fenêtre, jusqu'au 31 octobre 2026.
  • Des oubliés — Québec solidaire dénonce l'absence d'une véritable clause de droits acquis; des gens admissibles avant ne le sont plus.
  • Enjeu de campagne à Sherbrooke — l'immigration est justement le dossier que la candidate caquiste Fadéla Hamou dit vouloir porter, à trois mois du scrutin du 5 octobre.

Il y a des symboles qui n'ont pas besoin d'être commentés : un programme d'immigration qu'on rouvre après des mois d'attente, et qui plante à la minute même de sa réouverture. Le 2 juillet, à 8 h 30, des milliers de personnes attendaient devant leur écran. Beaucoup se sont fait déconnecter. Derrière le bogue, une réalité plus dure : cette réouverture ne s'adresse qu'à une fraction des gens qui espéraient en profiter. Et à Sherbrooke, où la CAQ mise sur une candidate qui fait de l'intégration son cheval de bataille, le dossier arrive au pire moment.

Un jour 1 dans le désordre

La réouverture très attendue du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) devait marquer le retour d'une voie accélérée vers la résidence permanente pour les étudiants diplômés et les travailleurs temporaires du Québec. À l'ouverture de la période de dépôt sur la plateforme Arrima, jeudi matin, plusieurs candidats se sont plutôt heurtés à un mur : impossible de se connecter, ou déconnexion au moment de cliquer pour soumettre une demande.

Des avocats en droit de l'immigration ont parlé de « chaos » et de « crash monumental » dès les premières heures. Certains candidats étaient toujours incapables de déposer leur dossier plusieurs heures après l'ouverture. Contacté par les médias, le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) a soutenu qu'Arrima était fonctionnel depuis 8 h 30, tout en reconnaissant que des utilisateurs éprouvaient des difficultés d'accès en raison du fort volume de connexions simultanées.

Le MIFI a rappelé qu'il n'y a pas de plafond de demandes et que la période court jusqu'au 31 octobre 2026 : rien ne se joue à la seconde près. Sur le terrain, l'argument porte peu. Après deux ans de réformes successives en immigration, la consigne des consultants était de déposer dès l'ouverture — d'où l'affluence, et le point de rupture.

La chronologie d'un programme en montagnes russes

Le PEQ, de la suspension à la réouverture 5 juin 2025 Suspension volet travailleurs 19 nov. 2025 Abolition (date des droits acquis) 2 juillet 2026 Réouverture fenêtre → 31 oct. Réouverte pour 2 ans (2 juillet 2026 → 2 juillet 2028) · 8 000 à 12 000 demandes estimées

La vraie ligne de fracture : le 19 novembre

Au-delà du bogue, c'est un critère de date qui fait mal. Cette première fenêtre s'adresse uniquement aux personnes qui remplissaient déjà les conditions du programme au 19 novembre 2025, jour de son abolition. Concrètement, quelqu'un qui a accumulé son expérience de travail admissible après cette date, ou qui a perdu puis changé son statut dans l'intervalle, se retrouve exclu.

Le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard a dénoncé « les ratés du système » et réclame une véritable clause de droits acquis pour les personnes qui avaient entamé leur projet d'immigration avant les changements. Selon lui, la première ministre Christine Fréchette n'a pas tenu sa promesse de ne laisser personne derrière. Des avocats abondent : plusieurs candidats admissibles avant la suspension ne le sont tout simplement plus.

S'ajoutent des frictions techniques que le portail n'a pas réglées : documents à téléverser un à un sans liste guidée, formulaire principal à imprimer, signer, numériser puis compresser. Et le ministère a prévenu que son ancien engagement de traiter les demandes en six mois n'est pas reconduit.

Pourquoi ça compte à Sherbrooke

L'immigration n'est pas un dossier abstrait dans la campagne qui s'ouvre ici. En présentant Fadéla Hamou comme candidate de la CAQ dans Sherbrooke le 28 juin, la formation a mis de l'avant une professionnelle qui dit vouloir travailler précisément sur l'intégration des personnes immigrantes. « Il faut analyser la capacité que nous avons ici, chez nous », a-t-elle déclaré, insistant sur l'accompagnement et l'intégration.

Le problème, c'est que ce discours s'appuie sur le bilan d'un gouvernement dont le programme phare d'immigration économique vient de rouvrir dans le désordre, après avoir été suspendu puis aboli l'automne dernier. Dans une ville universitaire qui accueille des étudiants internationaux appelés, justement, à emprunter le volet Diplômés du PEQ, la question n'est pas théorique. À trois mois du scrutin du 5 octobre, chaque candidat de Sherbrooke devra répondre d'un système que ses propres usagers ont qualifié de chaotique le jour même de son retour.

Sources

[1] Radio-Canada — « Réouverture du PEQ : un problème technique cause la "panique totale" » — 2 juillet 2026
[2] La Presse — « Problèmes techniques : des ratés marquent la réouverture du PEQ » — 2 juillet 2026
[3] Gouvernement du Québec — « Réouverture temporaire du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) » — quebec.ca, 2026
[4] Radio-Canada — « Fadéla Hamou portera les couleurs de la CAQ dans Sherbrooke » — 28 juin 2026


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