Sherbrooke 38e sur 113 : ce que le palmarès révèle — et ce qu'il cache
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Sherbrooke 38e sur 113 : ce que le palmarès révèle — et ce qu'il cache

Protégez-Vous a publié hier son palmarès 2026 des villes où il fait bon vivre au Québec, une adaptation du Canada's Most Livable Cities du Globe and Mail.

113 municipalités, 58 variables, 10 catégories. Sherbrooke arrive 38e. Devant Montréal (39e), derrière Trois-Rivières (44e).

Mais les chiffres bruts racontent une histoire plus nuancée que le rang global.


Les forces : éducation et démographie

Sherbrooke se classe 10e en éducation et 11e en caractéristiques démographiques. Pas une surprise. Une ville universitaire de 186 928 habitants avec une croissance de 8 % en cinq ans, cinq langues principales parlées à la maison, et 29 % de familles avec enfants.

Le secteur de l'emploi est diversifié : santé, commerce, fabrication, enseignement, services professionnels. Le taux de chômage est à 5 %. Le revenu médian des ménages atteint 76 617 $.

Les services se classent 23e — épiceries, garderies, parcs accessibles à pied. Le climat, malgré les hivers, s'en tire à la 26e place. Le transport, 36e.


Le boulet : la sécurité

106e sur 113. C'est le chiffre qui plombe tout.

La probabilité d'activités criminelles à Sherbrooke est de 28 % supérieure à la moyenne canadienne. Ce n'est pas un indice de crimes violents — c'est un modèle prédictif basé sur des facteurs sociodémographiques et des rapports de police. Mais dans un classement pondéré, une 106e place dans une catégorie à fort poids tire le rang global vers le bas de manière disproportionnée.


L'économie : milieu de peloton

83e rang. Le revenu médian de 76 617 $ est correct pour une ville universitaire, mais l'indice de vulnérabilité financière et le taux d'imposition (18 % du revenu moyen) pénalisent.

Les dépenses mensuelles — 921 $ en alimentation, 384 $ en transport, 785 $ en loisirs — reflètent un coût de vie modéré mais pas assez bas pour compenser les autres facteurs économiques.


Santé et communauté : les angles morts

Soins de santé — 75e

Seulement 73 % de la population a un professionnel de santé attitré — dans une ville qui est le pôle hospitalier de l'Estrie. 19 % consultent leur médecin de famille plus d'une fois par an. La confiance dans le système est à 76 %, un chiffre raisonnable.

Communauté — 89e

Le sentiment d'appartenance à la communauté touche 61 % de la population. C'est le deuxième pire score de Sherbrooke après la sécurité.

Paradoxal pour une ville qui se vante de son tissu social. Mais le classement mesure des indices comme le bénévolat formel, les centres communautaires par habitant et un indice environnemental. Il ne capte pas le café de quartier, le réseau associatif informel ou la programmation culturelle de rue.


Retraités : la vraie faiblesse

76e. Avec 28 % de propriétaires de 65 ans et plus et un âge moyen des résidents de 51 ans, Sherbrooke devrait être mieux positionnée. Mais le poids de la sécurité et des soins de santé dans ce sous-classement la tire vers le bas. Les retraités cherchent la tranquillité et l'accès aux soins — Sherbrooke livre le deuxième, mais pas assez le premier selon les données.


Nouveaux arrivants : le point fort méconnu

25e rang. Meilleur score de Sherbrooke dans les sous-classements.

La croissance démographique, la diversité linguistique (espagnol, arabe, persan dans le top 5 des langues parlées) et le logement encore accessible (loyer moyen 1 088 $, prix moyen d'une propriété 409 028 $) en font un pôle d'attraction pour l'immigration. C'est cohérent avec les efforts du SANA et des organismes d'accueil locaux.


Ce que ça veut dire

Sherbrooke n'a pas un problème de qualité de vie. Elle a un problème de mesure.

Les deux catégories qui la plombent — sécurité (106e) et communauté (89e) — sont précisément celles où les indicateurs statistiques captent le moins bien la réalité terrain.

Mais les classements ne se contestent pas, ils se corrigent. Si la Ville veut remonter dans ce type de palmarès, elle sait exactement où agir : les données de sécurité et les infrastructures communautaires mesurables.

En attendant, Sherbrooke reste devant Montréal. Ce qui, pour une ville de 187 000 habitants face à une métropole de 1,8 million, n'est pas rien.


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