Fixe ou variable? 3 scénarios avant le 10 juin
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Fixe ou variable? 3 scénarios avant le 10 juin

Table de cuisine, calculs hypothécaires, atmosphère anxieuse

Décision BdC : 10 juin 2026 — Fixe ou variable? Trois scénarios avant le jour J

La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %. L'écart entre le fixe 5 ans et le variable 5 ans dépasse 1 %. Sur une hypothèque de 350 000 $, ça représente près de 22 000 $ sur le terme. Voici ce que les chiffres disent — et surtout ce qu'ils ne disent pas.


Portrait de situation

Le taux directeur de la Banque du Canada est à 2,25 % depuis le 29 avril 2026. C'est la quatrième pause consécutive après le cycle de baisses amorcé en juin 2024, qui a fait passer le taux de 5,00 % à 2,25 %.

L'inflation à 1,8 % est sous la cible de 2 % de la BdC. En temps normal, c'est un signal que la politique monétaire est suffisamment restrictive — voire trop restrictive. Mais on n'est pas en temps normal.

Les taux au 20 mai 2026

Taux directeur BdC : 2,25 %. Taux préférentiel : 4,45 %. Fixe 5 ans (meilleur taux assuré) : environ 3,69 %. Variable 5 ans (meilleur taux assuré) : environ 2,70 %. Écart fixe-variable : 0,99 %.

En contexte historique, l'écart moyen entre le fixe 5 ans et le variable 5 ans tourne autour de 0,50 % à 0,75 %. Quand l'écart dépasse 1 %, le marché dit essentiellement que les taux fixes intègrent déjà une prime d'assurance contre la hausse — et que cette prime est élevée.

Jauge écart fixe-variable : historique 0,50-0,75% vs actuel 0,99%

Anatomie du paiement mensuel

Hypothèque de 350 000 $, amortissement 25 ans, terme 5 ans, composé semi-annuellement (méthode canadienne standard).

Fixe 5 ans à 3,69 % : paiement mensuel de 1 783 $. Au mois 1, 715 $ vont au capital et 1 068 $ aux intérêts. Intérêts totaux sur le terme de 5 ans : 59 986 $. Solde résiduel après 5 ans : 303 022 $.

Variable 5 ans à 2,70 % : paiement mensuel de 1 603 $. Au mois 1, 820 $ vont au capital et 783 $ aux intérêts. Intérêts totaux sur le terme de 5 ans : 43 595 $. Solde résiduel après 5 ans : 297 417 $.

Comparatif fixe vs variable : répartition intérêts/capital et métriques clés

L'économie mensuelle en faveur du variable est de 180 $. Sur la totalité du terme, le variable économise 16 391 $ en intérêts. Il rembourse aussi 5 605 $ de capital supplémentaire — parce qu'une plus grande proportion du paiement va au capital dès le départ. L'avantage net total, intérêts économisés et équité bâtie combinés, atteint environ 22 000 $.

L'avantage du variable ne se limite pas à l'économie d'intérêts. Parce que le paiement est plus bas mais qu'une plus grande proportion va au capital, le détenteur du variable se retrouve avec un solde hypothécaire inférieur de 5 605 $ au renouvellement. C'est de l'équité bâtie plus vite.


Les trois scénarios

Que fera la Banque du Canada d'ici juin 2031? Tout dépend de ce qui se passe dans les prochains mois.

Scénario A — Statu quo : la BdC reste à 2,25 %

C'est le scénario de base. L'inflation est sous contrôle à 1,8 %. Le marché de l'emploi montre des signes de ralentissement sans effondrement. La BdC n'a pas de raison monétaire de bouger — ni à la hausse, ni à la baisse.

Si le taux directeur reste à 2,25 % pour la totalité du terme de 5 ans, les chiffres du tableau comparatif s'appliquent intégralement. Économie mensuelle de 180 $, intérêts économisés de 16 391 $, capital remboursé en plus de 5 605 $.

Probabilité : modérée selon le consensus des économistes. La plupart des analystes anticipent au moins une baisse additionnelle d'ici la fin 2026, ce qui fait du statu quo un scénario conservateur — pas le plus probable.

Le détenteur du variable économise l'équivalent de près de 10 mois de paiements hypothécaires sur le terme.

Scénario B — Détente : la BdC descend à 2,00 % d'ici fin 2026

Le consensus de plusieurs institutions financières place le taux directeur à 2,00 % d'ici décembre 2026, avec la possibilité d'une première baisse dès le 10 juin.

L'IPC est à 1,8 %, sous la cible. Le PIB canadien croît à un rythme anémique. Le marché immobilier résidentiel hors Toronto et Vancouver ne montre pas de surchauffe. La BdC a de la marge pour baisser sans risquer une relance inflationniste.

Impact d'une baisse à 2,00 % : le préférentiel passerait de 4,45 % à 4,20 %, le variable 5 ans d'environ 2,70 % à environ 2,45 %, le paiement mensuel variable tomberait à 1 559 $. L'écart avec le fixe grimperait à 224 $ par mois.

L'avantage net total du variable sur le terme dépasserait 27 000 $. C'est le scénario où le variable domine de façon décisive. Chaque baisse de 0,25 % ajoute environ 44 $ par mois d'économie sur une hypothèque de 350 000 $.

Scénario C — Choc externe : remontée forcée

C'est le scénario que personne ne veut voir dans son relevé hypothécaire. Et c'est celui que le contexte géopolitique rend impossible à ignorer.

Les facteurs de risque : tarifs américains sur l'acier et l'aluminium canadien, surtaxes sur les produits dérivés, pression baissière sur le dollar canadien face au USD, inflation importée qui peut forcer la BdC à remonter même si l'économie ralentit.

Impact sur le variable (hypothèque de 350 000 $) : une hausse de 0,25 % ajoute 44 $ par mois; de 0,50 %, 89 $; de 0,75 %, 135 $; de 1,00 %, 182 $. Une remontée de 0,99 % efface complètement l'avantage du variable — le paiement variable rejoint le paiement fixe à 1 783 $.

C'est le piège classique de la stagflation : l'économie ralentit, mais les prix montent quand même à cause de facteurs externes. Historiquement, quand ce dilemme se pose, la BdC choisit de combattre l'inflation — elle monte. Le fixe à 3,69 % paie 1 783 $ par mois, qu'il y ait une guerre commerciale, une récession, ou une inflation galopante. Pendant 60 mois, c'est réglé.

Tableau comparatif 3 scénarios : statu quo, détente et choc — 2 sur 3 favorisent le variable Appartement plex vide, lumière d'hiver, boîtes de déménagement

Ce que les chiffres ne montrent pas

Les chiffres sont clairs. Le variable part avec un avantage structurel de 0,99 %. Sur 5 ans, c'est environ 22 000 $ en scénario A, plus de 27 000 $ en scénario B.

Mais le tableau ne mesure pas le stress. Il ne mesure pas la qualité du sommeil un soir où Radio-Canada annonce que la BdC envisage une hausse d'urgence. Il ne mesure pas l'impact d'une variation de 200 $ par mois sur un budget familial qui n'a pas 200 $ de lousse.

Si votre paiement augmente de 200 $ par mois dans 18 mois et que ça ne change rien à votre quotidien, le variable est mathématiquement favorable. Si la réponse est que ça change quelque chose, le fixe a une valeur que les chiffres ne captent pas.

Êtes-vous le type de personne qui regarde les annonces de la BdC huit fois par année avec curiosité, ou avec anxiété? Avec curiosité, vous êtes candidat au variable. Avec anxiété, vous êtes candidat au fixe. Les deux ont raison.

Spectre Variable-Fixe selon le profil du ménage

Le mot de la fin

Le taux le plus bas n'est pas automatiquement le bon taux. Le bon taux, c'est celui qui est compatible avec la réalité financière et psychologique du ménage qui le porte pendant 60 mois.

Le variable offre aujourd'hui un avantage de départ significatif : 180 $ par mois, jusqu'à 27 000 $ sur le terme dans le meilleur scénario. Idéal pour les ménages dont le budget absorbe les variations et qui suivent l'actualité économique avec sérénité.

Le fixe offre une certitude absolue que le contexte géopolitique rend plus précieuse qu'à l'habitude : 1 783 $ par mois pendant 60 mois, peu importe ce qui se passe. Idéal pour les ménages dont le budget est serré ou dont la tranquillité d'esprit a une valeur réelle.

La différence, c'est le profil du ménage — pas le chiffre sur le relevé du mois 1. Les deux sont des choix rationnels.


Sources

[1] Banque du Canada, taux directeur 2,25 %, annonce du 29 avril 2026.
[2] Ratehub.ca, taux directeur et préférentiel au Canada, mai 2026.
[3] Nesto.ca, calendrier des annonces BdC 2026.
[4] Calculs hypothécaires : méthode canadienne standard (composé semi-annuellement), vérifiés le 24 mai 2026.


MCH Hypothécaire
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