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La pétition demande une étude. L'affiche dit NON.
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La pétition demande une étude. L'affiche dit NON.

28 min de lecture

  • Un titre, deux demandes — La pétition s'intitule « Arrêter le projet ». Ses deux demandes formelles sont une étude d'impact rendue publique et une rencontre citoyenne. Rien n'y réclame l'annulation.
  • 2 658 signatures en huit jours — Lancée le 19 juillet, la pétition est passée d'environ 750 signatures le 23 juillet à 2 658 le 27.
  • Trois zones inventées — Une carte partagée 65 fois découpe des zones d'impact sanitaire de 0 à 1,5 km, 1,5 à 3 km et 3 à 5 km. Elles sont dessinées en carrés. Les coins du plus grand se trouvent à 7,1 km, pas à 5.
  • Zéro mégawatt de plus — Les 96 MW tournent déjà, dans le même parc industriel, répartis sur trois usines dont une borde le terrain visé. Le projet n'ajoute rien au réseau : il regroupe trois sites en un.
  • La saga du bruit est réelle, mais elle est ailleurs — Les 26 plaintes au ministère, l'amende de 10 000 $ et la soixantaine de constats visaient l'usine de la rue de la Pointe, à quelques centaines de mètres de résidences. Elle a fermé en 2022.

Le 19 juillet, un citoyen de Sherbrooke a lancé une pétition contre le projet de centre de données du boulevard Industriel. Huit jours plus tard, elle comptait 2 658 signatures vérifiées. Entre les deux, une affiche « NON », une carte tracée sur Google Maps, et une série de chiffres qui ont perdu leurs nuances à chaque partage. On a lu le texte de la pétition. On a lu le sommaire décisionnel. On a relu quatre ans d'archives sur cette entreprise. Voici ce qui tient et ce qui ne tient pas, dans les deux camps.

Ce que le conseil a voté le 13 juillet

Le conseil municipal n'a pas autorisé la construction d'un centre de données. Il a accepté une offre d'achat conditionnelle sur une partie de quatre lots situés derrière Électro-5, Multi Comptoirs et le poste Orford d'Hydro-Sherbrooke, au montant de 2,2 millions de dollars.

L'acheteur officiel est Backbone Hosting Solutions, l'entreprise connue du public sous le nom de Bitfarms, renommée Keel Infrastructure au début de 2026. Le projet annoncé : un bâtiment d'environ 16 400 mètres carrés, des investissements estimés à près de 1,8 milliard de dollars, un centre spécialisé en calcul haute performance et en intelligence artificielle.

L'offre prévoit que Keel dispose de six mois pour déposer une demande d'usage complète auprès de la Ville, de 36 mois pour amorcer la construction et de 60 mois pour la terminer. C'est au moment de la demande d'usage que la Ville se positionnera officiellement. Si les élus refusent les conditions présentées, la vente est annulée. La transaction est également conditionnelle à l'obtention de toutes les autorisations gouvernementales.

Trois élues ont inscrit leur dissidence : Laure Letarte-Lavoie, Fernanda Luz et Catherine Boileau.

Deux jours plus tard, le 15 juillet, Keel publiait un communiqué précisant la nature de l'entente électrique. La Ville autorise le transfert de 96 mégawatts de capacité existante vers le nouveau site, en consolidant la puissance de trois installations de minage de bitcoin que l'entreprise exploite déjà à Sherbrooke. L'entreprise n'a demandé aucune puissance additionnelle. Le transfert demeure assujetti à l'approbation du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. La clôture de la vente du terrain est prévue au premier trimestre de 2027.

Le sommaire prévoit par ailleurs qu'un avis technique indépendant soit produit pour évaluer les impacts potentiels, notamment sur le bruit, l'environnement et la quiétude du voisinage.

Où le projet se trouve vraiment

Le terrain visé est un boisé enclavé dans le parc industriel, borné au nord par le boulevard de Portland, au sud par le boulevard Industriel, à l'ouest par la rue Léger et à l'est par le poste Orford d'Hydro-Sherbrooke. Ses voisins immédiats sont une vingtaine d'entreprises manufacturières et de distribution : TransMetal, Kebechem, BRP Groupe SVG, Plastimum, Verbom, Boulons de l'Estrie, Westburne, Fastenal, Acier JBoss, Carmichael et les autres.

C'est un fait à retenir quand on lit qu'on nous « fout un centre presque en plein milieu de la ville », comme l'écrivait la publication du 26 juillet. Le site n'est pas au centre-ville. Il est au cœur d'une zone industrielle.

Cela dit, un cadrage serré ment aussi bien qu'un texte. Voici la même zone avec un peu de recul.

Le parc industriel régional n'est pas isolé au milieu de nulle part. Il est encerclé. Du résidentiel au sud, entre le boulevard Industriel et le boulevard René-Lévesque, dans tout le secteur des rues Memphrémagog, Waban-Aki, Coaticook, Mégantic et du boulevard du Mi-Vallon. Du résidentiel à l'est, de l'autre côté de l'autoroute 410. Du résidentiel à l'ouest, vers Saint-Élie-d'Orford et le chemin Dion.

Il n'existe pas de coin de ce parc industriel qui soit loin du monde. C'est une donnée qui répond aux deux camps d'un seul coup. Aux opposants : le projet n'est pas au centre-ville, et aucun des chiffres qui circulent ne le situe correctement. Aux partisans : l'argument selon lequel le site serait suffisamment enclavé pour que la question ne se pose pas ne tient pas davantage.

En 2021, quand Bitfarms présentait ses trois nouveaux sites du parc industriel, l'entreprise affirmait que la résidence la plus proche se trouvait à 1,2 kilomètre, contre quelques centaines de mètres seulement dans le secteur de la rue de la Pointe. C'est une donnée fournie par le promoteur, pas une mesure indépendante, et elle date de cinq ans. Elle donne néanmoins l'ordre de grandeur.

Deux choses peuvent donc être vraies en même temps, et elles le sont : le projet n'est pas au centre-ville, et il y a des maisons à environ un kilomètre. C'est précisément pour ça qu'une étude acoustique sérieuse est justifiée, et c'est précisément pour ça qu'une carte inventée ne remplace pas cette étude.

L'avantage qui est électrique, pas acoustique

Le terrain visé touche le poste Orford d'Hydro-Sherbrooke, qui en forme la bordure est. Vu cette proximité et la concentration des installations de l'entreprise dans ce secteur du parc industriel, il est probable que ce poste desserve déjà une partie d'entre elles. Nous n'avons pu le vérifier auprès d'une source fiable, et nous le présentons donc comme une hypothèse.

Ce qui est visible, par contre, c'est qu'un raccordement de 96 mégawatts à même le poste se ferait sans nouveau corridor de lignes et sans nouvelle infrastructure de transport. C'est l'avantage le plus concret du site, et il explique probablement le choix du terrain mieux que toutes les hypothèses qui circulent.

Il faut par contre évacuer tout de suite un raccourci qui circule du côté des partisans du projet : cet avantage est électrique, pas acoustique. Nous y revenons plus bas.

Ce que la pétition demande vraiment

La pétition a été lancée le 19 juillet sur Change.org par David Letendre, résident du secteur Mi-Vallon. Elle s'intitule « Arrêter le projet de méga centre de données à Sherbrooke ». Le texte se termine sur une invitation à dire non au projet.

Mais entre le titre et la conclusion, les demandes formelles sont au nombre de deux, et elles sont introduites par la phrase « Nos demandes sont simples ».

La première : faire une étude exhaustive de l'impact environnemental sur les boisés environnants, la consommation électrique et la pollution, et en rendre les résultats publics. La seconde : organiser une rencontre publique avec la population.

Aucune des deux ne réclame l'annulation du projet. Les deux demandent de l'information et une tribune. C'est un écart notable avec le titre, et il n'a rien de scandaleux : une pétition est un outil de mobilisation, et un titre mobilise mieux qu'une demande procédurale. Mais l'écart existe, et il explique une partie de ce qui a suivi.

Le 23 juillet à 19 h 35, un visuel de campagne circulait dans le groupe Facebook « Sherbrooke | Discussion de politique municipale et d'actualité », publié par Stef Bennett. Une affiche noir et blanc reprenant la silhouette du territoire sherbrookois, le mot NON en grandes lettres blanches, un code QR menant à la pétition. L'affiche ne trahit pas la pétition. Elle en amplifie le titre et laisse tomber les demandes.

La progression, elle, est documentée. Environ 750 signatures le 23 juillet. Plus de 800 selon La Tribune le 24. Un total de 1 402 selon le Journal de Sherbrooke le 25. Et 2 658 signatures vérifiées le 27 juillet.

Une élue qui avait voté contre

La pétition identifie trois décisionnaires à interpeller : Marie-Claude Bibeau, Fernanda Luz et François-Olivier Desmarais.

Fernanda Luz est l'une des trois élues qui ont inscrit leur dissidence lors du vote du 13 juillet. La pétition fait donc pression sur une conseillère qui s'était déjà positionnée contre.

Quant à Marie-Claude Bibeau, la fiche de la pétition la présente comme « Minister of International Development ». Elle est mairesse de Sherbrooke depuis novembre 2025. Ce n'est pas une erreur du lanceur de pétition : Change.org rattache automatiquement les décisionnaires à des profils préexistants, et celui de Bibeau date de ses fonctions fédérales. Le détail est mineur, mais il illustre le problème général. Les outils qui servent à mobiliser ne vérifient rien.

Les zones qui n'existent pas

Le 26 juillet, Nathalie Ampleman publiait sur son profil une carte accompagnée d'un texte sur le projet. La publication a récolté 103 réactions, 122 commentaires et 65 partages.

Le texte annonce « infrasons, turbines à gaz, ventilation industrielle, pollution de l'air, accaparement des ressources ». Puis vient la carte, avec cette mise en garde méthodologique : « Ce que j'ai trouvé. » Suivi de : « Ici, j'ai modélisé une carte avec Google Maps. »

Trois zones y sont tracées autour du site. De 0 à 1,5 km, présentée comme un impact sévère. De 1,5 à 3 km, impact moyen. De 3 à 5 km, impact nocturne.

Il n'existe aucun standard acoustique reconnu correspondant à ce découpage. Ni au Québec, ni au fédéral, ni dans la littérature scientifique. Ces bandes kilométriques ne renvoient à aucune norme et à aucune étude.

Mais il n'est même pas nécessaire d'aller vérifier cela, parce que la carte se contredit elle-même.

Les zones sont dessinées en carrés emboîtés. Or le son se propage radialement à partir de sa source, en cercles. Un carré n'a pas de rayon : ses coins sont plus éloignés de son centre que le milieu de ses côtés, d'un facteur égal à la racine carrée de deux, soit environ 41 pour cent.

Les zones telles que tracées, et la distance réelle

Un carré n'a pas de rayon. Ses coins sont 41 % plus loin que ses côtés.

Les trois zones telles que dessinées
Distance égale depuis le site
Au milieu d'un côté : 5 km
Au coin du même carré : 7,1 km
Zone étiquetée
Côté
Coin
0 à 1,5 km
1,5 km
2,1 km
1,5 à 3 km
3,0 km
4,2 km
3 à 5 km
5,0 km
7,1 km

Schéma. La diagonale d'un carré vaut son côté multiplié par la racine de 2. Zones reproduites d'après la publication du 26 juillet 2026.

Autrement dit, une personne habitant au coin de la zone étiquetée « 3 à 5 km » se trouve en réalité à plus de 7 kilomètres. Et quelqu'un situé au coin du plus petit carré, celui de l'impact dit sévère, est deux fois plus loin qu'une autre personne située au milieu du même côté. Même zone, même étiquette, même couleur, deux réalités différentes.

La grille correspond à l'outil de dessin rectangulaire de Google Maps. Ce n'est pas une modélisation acoustique. C'est un quadrillage.

Sous la publication, une commentatrice écrit qu'elle habite la zone la plus proche et qu'elle est déjà sensible aux infrasons. Elle a signé la pétition. Cette personne vit maintenant avec une inquiétude construite sur un rectangle.

« 96 MW par jour » : l'unité qui ne veut rien dire

Dans une publication invitant à signer la pétition, Sophie Samson écrit que le centre « va consommer par jour 96 MW, ce qui équivaut à la consommation quotidienne de 30 000 foyers québécois ».

Le mégawatt mesure une puissance, pas une quantité. Consommer 96 MW par jour n'a pas plus de sens que rouler à 100 kilomètres-heure par heure. L'énergie se mesure en mégawattheures, et une puissance de 96 MW maintenue en continu produit 2 304 MWh par période de 24 heures.

C'est une correction technique, pas politique. N'importe quel ingénieur électrique la confirmera.

Sur l'ordre de grandeur, par contre, la publication n'est pas loin. Rapportée à la consommation résidentielle moyenne au Québec, une charge de 96 MW en continu correspond effectivement à plusieurs dizaines de milliers de ménages. La comparaison exacte dépend de la méthodologie retenue pour établir cette moyenne, et nous n'en publierons pas de chiffre précis sans cette méthodologie.

Mais voici ce que la publication omet, et c'est le point central de tout ce dossier.

Ces 96 mégawatts tournent déjà. Dans le même parc industriel. À quelques rues du terrain visé.

L'eau : trois étapes, trois nuances effacées

C'est sur l'eau que la dégradation de l'information est la plus traçable, parce qu'on peut en suivre chaque étape.

Étape un. Dans les commentaires de la pétition, une signataire prénommée Céline cite Le Devoir avec une rigueur exemplaire : le nom de l'autrice, la date, le titre. Le chiffre qu'elle rapporte est présenté au conditionnel et comme un plafond. Un centre de données peut consommer jusqu'à un certain volume d'eau par jour, dans une fourchette équivalant à une ville de 10 000 à 50 000 habitants.

Trois précautions dans cette phrase : « peut », « jusqu'à », et une fourchette. Elle parle d'une catégorie d'installations, pas du projet sherbrookois.

Étape deux. La publication de Sophie Samson affirme qu'un méga centre « consomme quotidiennement une quantité astronomique d'eau potable. Autant par jour qu'une ville de 50 000 habitants ». Le conditionnel a disparu. Le plafond est devenu la norme. La fourchette s'est réduite à sa borne supérieure. Et la catégorie est devenue ce projet-ci.

Étape trois. Dans la publication du 26 juillet, cela devient « accaparement des ressources », sans chiffre, sans source, dans une énumération.

Personne n'a menti à aucune étape. Chaque transmission a simplement effacé une précaution. C'est le mécanisme ordinaire de la désinformation, et il ne demande aucune mauvaise foi.

Ce qu'il faut retenir, maintenant. Aucun chiffre de consommation d'eau n'a été publié pour le projet sherbrookois. Ni par Keel, ni par la Ville. Le mode de refroidissement envisagé n'a pas été rendu public.

Et l'écart entre les technologies est colossal. Un système à refroidissement évaporatif consomme des volumes considérables. Un circuit fermé réduit ce chiffre de façon draconienne, sans jamais atteindre zéro à cause des pertes. Sans la fiche technique, toute estimation relève de la divination, dans les deux sens. Ceux qui annoncent une catastrophe hydrique inventent autant que ceux qui promettraient un impact nul.

Pour situer, la consommation résidentielle sherbrookoise se chiffre à 216 litres par personne par jour, sous la cible provinciale de 220 litres. La Ville installe présentement des compteurs dans 380 résidences volontaires, à la demande de Québec, pour préciser son bilan. Voilà le portrait connu de l'eau à Sherbrooke. Il ne dit rien du projet Keel.

Le bruit : le seul vrai angle mort

Il faut le dire clairement, parce que c'est l'argument le plus solide soulevé à Sherbrooke, et il est presque enterré sous le reste.

Les règlements municipaux de nuisance sonore s'appuient à peu près partout sur des mesures pondérées en décibels A. Cette pondération capte mal les émissions basse fréquence, tonales et infrasonores générées par les systèmes de refroidissement industriels et les grands ventilateurs.

La conséquence est documentée et elle est perverse. Une installation peut respecter intégralement le règlement municipal et générer quand même une gêne réelle pour le voisinage. L'appareil de mesure ne voit pas ce que le corps perçoit.

Sur ce point, la publication de Sophie Samson est d'ailleurs juste et prudente. Elle écrit que ces équipements peuvent produire un bruit continu, parfois à basses fréquences, susceptible d'affecter la qualité de vie lorsqu'il n'est pas adéquatement atténué. Conditionnel, condition d'atténuation, aucune affirmation de causalité sanitaire. C'est bien formulé.

Revenons maintenant au raccourci évoqué plus haut. L'enclavement industriel du site ne constitue pas en soi une protection acoustique. Les bâtiments font écran aux hautes fréquences, mais les basses fréquences, qui sont précisément l'enjeu, contournent les obstacles et résistent aux écrans conventionnels. Des entrepôts de un à deux étages ne coupent pas la ligne de visée d'équipements de refroidissement montés en hauteur.

Le bruit de fond ambiant du secteur, lui, est réellement plus élevé qu'en quartier résidentiel classique, en bonne partie à cause des autoroutes 410 et 10 qui bordent la zone et roulent en continu. Mais ce masquage a ses limites : le bruit routier est intermittent et à large bande, alors que le bourdonnement d'un centre de données est continu et tonal. Les deux ne se recouvrent pas aussi bien qu'on le voudrait.

Où le débat dérape, c'est quand on passe de « le bruit basse fréquence est mal réglementé » à une liste de symptômes attribués aux infrasons : maux de tête, palpitations cardiaques, nausées, vertiges. Cette liste ne vient pas des centres de données. Elle vient d'un corpus développé autour des éoliennes depuis les années 1990, la maladie dite vibroacoustique, qui fait l'objet d'un débat scientifique non résolu depuis trois décennies.

On peut trouver ce débat légitime. On ne peut pas le présenter comme réglé, et surtout pas le cartographier au kilomètre près.

Ce que Sherbrooke a déjà vécu avec cette entreprise

Maintenant, la partie du dossier que personne ne raconte dans les fils Facebook, et qui justifie mieux la méfiance que toutes les cartes du monde.

Bitfarms s'installe à Sherbrooke en 2018, rue de la Pointe, à quelques centaines de mètres de résidences, de l'autre côté de la rivière Magog. Dès l'automne 2019, les résidents de la rue Raimbault se plaignent du bruit des ventilateurs.

Ce qui suit est documenté, daté et vérifiable.

Entre le 18 et le 23 décembre 2019, 26 plaintes sont acheminées au ministère de l'Environnement. Elles portent sur le bruit, mais aussi sur des vibrations et des émissions de chaleur.

En 2020, l'entreprise investit plus de 100 000 dollars dans des murs écrans acoustiques posés devant les entrées et sorties d'air. Les plaintes continuent.

En décembre 2020, le ministère de l'Environnement impose à l'entreprise une sanction administrative pécuniaire de 10 000 dollars pour sa pollution sonore. Selon le conseiller municipal Marc Denault, il s'agit de la première sanction du genre émise contre une usine de cryptomonnaie au Québec.

En mai 2021, malgré deux murs écrans et des ventilateurs présentés comme plus silencieux, le même conseiller affirme que le bruit nuit toujours à plus de 500 résidents. Le dossier est confié au service juridique de la Ville.

En juillet 2021, une trentaine de citoyens se réunissent à la Maison de l'eau pour exiger l'arrêt des nuisances.

En septembre 2021, la Ville a remis plus de 20 constats d'infraction à l'entreprise, et environ 40 autres sont en attente. L'entreprise les conteste, estimant qu'ils ne sont pas justifiés compte tenu du bruit qu'elle cause.

L'usine de la rue de la Pointe ferme définitivement le 30 novembre 2022, trois mois plus tôt que la date prévue à l'entente signée avec la Ville.

Quatre ans. Une amende ministérielle. Une soixantaine de constats. Cinq cents personnes incommodées. Quand des Sherbrookois se méfient aujourd'hui d'un projet porté par cette entreprise, ce n'est pas de la paranoïa. C'est de la mémoire.

Il faut d'ailleurs relever ce que la mairesse d'alors, Évelyne Beaudin, en concluait au moment de la fermeture : le problème venait d'un manque de communication entre les différents services municipaux à l'arrivée de l'entreprise, et la Ville disait vouloir désormais évaluer à l'avance les risques de nuisance. La Ville avait aussi adopté, dès 2020, un amendement obligeant les entreprises de cryptomonnaie à démontrer qu'elles ne troubleraient pas la quiétude du voisinage avant même d'ouvrir.

C'est exactement la promesse qui est en jeu aujourd'hui.

Trois usines qui deviennent une

Voici maintenant l'élément que la couverture actuelle a complètement escamoté, et il change la nature du débat.

Les 96 mégawatts de l'entreprise ne sont pas une puissance à venir. Ils sont déjà branchés, en vertu d'un contrat signé avec Hydro-Sherbrooke dès l'arrivée de l'entreprise en 2018, et ils alimentent trois usines réparties sur trois adresses du parc industriel régional.

Les 96 MW, avant et après

Aujourd'hui
Puissance
839, rue Joseph-Louis-Mathieu
48 MW
290, rue Léger
30 MW
4220, rue Garlock
18 MW
Trois sites d'émission
96 MW
Projet
Puissance
Un site, boulevard Industriel
96 MW

Même puissance totale. Trois points d'émission deviennent un. Sources : La Tribune (2021, 2022), Radio-Canada (2022), communiqué Keel (2026).

Les trois se situent dans le même secteur du parc industriel régional, entre le boulevard de Portland et le boulevard Industriel, à l'ouest de l'autoroute 410. Autrement dit : le même secteur que le terrain convoité. Regardez la première photo de ce billet. La rue Léger, c'est la bordure ouest du boisé visé. Une des trois usines actuelles est pratiquement adossée au futur site.

Ce que le projet propose n'est donc pas d'amener 96 mégawatts dans un nouveau quartier. C'est de les déplacer de quelques rues, à l'intérieur du même parc industriel, et de les regrouper.

Sur le plan de la puissance, c'est du copier-coller. Zéro mégawatt de plus, zéro mégawatt de moins. Sur le plan de l'aménagement, c'est une différence réelle : trois ensembles de ventilateurs, de sorties d'air et de génératrices, répartis sur trois bâtiments acquis au fil des occasions immobilières entre 2021 et 2022, deviendraient un seul ensemble sur un site conçu d'un bloc, avec des équipements de 2027 plutôt que de 2022.

Cela ne prouve rien sur le niveau sonore final. Une installation unique peut être plus bruyante que trois petites si elle est mal conçue, et la puissance totale reste la même. Mais un point d'émission conçu et encadré d'avance vaut mieux que trois points ajoutés dans l'urgence d'un déménagement. C'est d'ailleurs exactement la logique qui a réglé le dossier de la rue de la Pointe.

Nous n'avons trouvé aucune couverture faisant état de plaintes de bruit visant les trois sites du parc industriel depuis leur mise en service. Cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas eu : cela signifie que nous n'en avons pas trouvé. La Ville détient ce registre, et c'est une demande d'accès à l'information qui prendrait dix minutes à déposer. Ce chiffre-là vaudrait tous les débats Facebook du mois.

Un dernier repère. Le Réseau ProHost, une autre entreprise de calcul installée dans une ancienne usine du boulevard Industriel près de l'autoroute 410, n'a jamais fait les manchettes. En 2021, son directeur général affirmait n'avoir reçu aucune plainte. Même ville, même industrie, même parc industriel. La différence n'était pas la technologie. C'était l'emplacement.

Les turbines à gaz qui n'existent pas

La publication du 26 juillet mentionne des « turbines à gaz » parmi les nuisances anticipées.

Ce que dit le dossier municipal, c'est que le centre exigerait une continuité opérationnelle même durant une panne ou une période de délestage hivernal, et que la Ville demande donc à Keel de prévoir des sources d'énergie alternatives. En clair, des génératrices de secours, comme dans n'importe quel hôpital ou centre d'hébergement.

Cela ne veut pas dire que la question est réglée. Des génératrices de secours produisent du bruit, des émissions, et exigent des essais périodiques. Le régime d'utilisation, la puissance installée et le carburant retenu sont des informations légitimes à exiger, et elles ne sont pas publiques.

Mais une turbine à gaz en fonctionnement continu et un banc de génératrices de secours, ce ne sont pas les mêmes bêtes. L'image des turbines vient d'ailleurs. Elle vient notamment de Memphis, où une installation américaine a été épinglée pour ses turbines au méthane. C'est un vrai scandale, au Tennessee.

Le réflexe de la transposition

C'est l'observation la plus utile qu'a formulée Annie Godbout, ancienne conseillère municipale du district de Rock Forest, dans une publication où elle indique avoir consulté le sommaire décisionnel avant de s'exprimer.

Elle rappelle que les réseaux électriques, les sources d'énergie, les cadres réglementaires, les normes environnementales, les technologies de refroidissement, la disponibilité de l'eau et même les conditions climatiques varient considérablement d'un territoire à l'autre. Comparer directement un projet en Arizona, en Utah ou dans l'État de New York avec un projet à Sherbrooke, écrit-elle, ne constitue pas une analyse rigoureuse.

Elle a raison, et il faut le préciser : Annie Godbout n'est pas une observatrice neutre. Elle a siégé au conseil municipal. Mais sur les faits, ses affirmations concordent avec le sommaire décisionnel et avec la couverture de La Tribune. Nous les avons vérifiées une à une.

Elle défend aussi le projet sur un terrain qui mérite d'être examiné. Les profits tirés de la vente d'électricité à l'industrie de la cryptomonnaie alimentent une réserve financière pour le maintien des infrastructures. C'est exact, et c'est exactement le mécanisme que nous décortiquions le 17 mai dernier, deux mois avant le vote du conseil.

Le moratoire que personne n'a lu

Pendant qu'on partage des quadrillages Google Maps, un argument autrement plus lourd traîne sans preneur.

Le 14 juillet 2026, le lendemain du vote du conseil sherbrookois, la gouverneure Kathy Hochul signait un décret instaurant le premier moratoire d'État aux États-Unis sur les centres de données hyperscale. Une pause d'un an, applicable aux installations de 50 mégawatts et plus, le temps d'établir un cadre réglementaire couvrant l'environnement, la demande énergétique, l'usage de l'eau et les impacts sur les communautés.

Ce décret suivait l'adoption, le 4 juin, de la Responsible Data Center Development Act par les deux chambres new-yorkaises, par 44 voix contre 16 au Sénat et 102 contre 39 à l'Assemblée.

Et le phénomène dépasse largement New York. Plus de 300 projets de loi visant les centres de données ont été déposés dans plus de 30 États américains en 2026. Plus d'une centaine de moratoires locaux ont été adoptés. Environ 64 milliards de dollars américains de projets ont été bloqués ou retardés par l'opposition des communautés.

Un citoyen a soulevé le point dans le groupe Facebook, en notant que Keel est une société de New York. Le lien de causalité qu'il en tire, à savoir qu'on ne peut pas construire là-bas donc on vient ici, ne tient pas. L'entreprise exploite déjà trois sites à Sherbrooke depuis 2018, et le vote du conseil précède le décret Hochul d'une journée.

Mais la question de fond, elle, reste entière. New York a jugé qu'elle ne disposait pas du cadre réglementaire nécessaire pour évaluer ces projets. Sherbrooke considère-t-elle qu'elle en dispose?

C'est une question à poser au conseil. Elle vaut mille quadrillages.

Deux corrections mineures, mais révélatrices

Dans le même fil, une intervenante attribue à « la sénatrice Alexandra Ocasio Cortex » le dépôt d'un projet de loi fédéral américain. Alexandria Ocasio-Cortez est représentante à la Chambre, pas sénatrice, et son nom est écorché. Nous n'avons pas validé l'existence du projet de loi mentionné, et nous ne le reprenons donc pas.

À l'inverse, un intervenant a affirmé qu'un centre de données emploie relativement peu de personnel permanent, de l'ordre de quelques dizaines une fois en activité, contre plusieurs centaines pendant la construction. Cet ordre de grandeur est conforme à ce qu'on observe dans l'industrie, et il l'est aussi à Sherbrooke : les trois usines actuelles, qui représentaient une centaine de millions de dollars d'investissement, devaient créer environ 40 emplois. C'est une critique fondée.

Les cinq questions à poser

Le sommaire décisionnel prévoit un avis technique indépendant. Il n'existe pas encore. Quand il existera, voici ce qu'il devra contenir pour valoir quelque chose.

Un, le mode de refroidissement retenu, avec le volume d'eau annuel projeté et la source d'approvisionnement.

Deux, la caractérisation acoustique en bandes de tiers d'octave, non pondérée, incluant les fréquences sous 200 hertz, avec un état de référence mesuré avant construction. Et le registre des plaintes reçues depuis 2023 pour les trois sites actuels, qui constitue la seule donnée empirique disponible sur le comportement réel de cette entreprise en zone industrielle.

Trois, la nature et le régime d'utilisation des sources d'énergie de secours : puissance installée, carburant, heures d'essai annuelles.

Quatre, le nombre d'emplois permanents, distinct du nombre d'emplois de construction, et le calendrier de fermeture des trois sites actuels.

Cinq, la superficie exacte du boisé cédée et abattue, et le traitement des rejets thermiques et de la purge, s'il y a lieu.

Ce sont cinq questions précises et vérifiables. Une pétition qui les pose obtient des réponses. Une pétition qui parle de zones inventées se fait démonter en une publication, et emporte avec elle les questions légitimes.

Signer est un geste. Lire en est un autre.

Il faut commencer par dire ce qui devrait aller de soi. Une pétition, c'est un des rares leviers qui restent à un citoyen entre deux élections. Ça ne coûte rien, ça n'engage personne à rien, et ça oblige quand même un conseil municipal à constater qu'un dossier ne passe pas inaperçu. Deux mille six cent cinquante-huit signatures en huit jours, dans une ville qui a fait sortir 45 pour cent de ses électeurs à la dernière municipale, c'est une mobilisation réelle. Le réflexe est sain. La démarche est légitime.

Et les deux demandes formelles de la pétition, une étude d'impact rendue publique et une rencontre citoyenne, sont exactement ce qui devrait arriver dans un dossier de cette taille. Le sommaire prévoit déjà un avis technique indépendant. Sur le fond, les signataires réclament ce que le processus est censé produire de toute façon.

Ils ont d'ailleurs une raison sérieuse d'insister, celle que quatre ans d'archives documentent. Cette entreprise a déjà troublé la quiétude d'un quartier sherbrookois, a mis quatre ans à s'en sortir, et il a fallu une amende ministérielle et une soixantaine de constats pour y arriver.

Reste la question que personne ne pose. Qu'est-ce que 2 658 personnes ont signé, au juste?

Le titre dit « Arrêter le projet ». Les demandes disent « faites une étude et convoquez-nous ». Ce ne sont pas deux formulations de la même chose. Ce sont deux mandats différents. Quelqu'un qui signe pour bloquer le projet et quelqu'un qui signe pour obtenir de l'information n'ont pas signé le même document, même s'ils ont cliqué au même endroit.

Et c'est précisément cette ambiguïté qui coûtera cher au moment de la déposer. Une pétition qui demande une seule chose, clairement, est difficile à ignorer : soit on la livre, soit on explique pourquoi on refuse. Une pétition qui dit non dans son titre et étudions dans son texte peut être reçue, remerciée, classée, et interprétée par celui qui la reçoit plutôt que par ceux qui l'ont signée. Le conseil choisira lui-même laquelle des deux lectures lui convient. Ce ne sera pas de la mauvaise foi. Ce sera l'espace que le document lui a laissé.

Ajoutez à cela ce qui a circulé pendant que les signatures s'accumulaient. Des zones d'impact tracées au rectangle sur une capture Google Maps. Une puissance électrique exprimée dans une unité qui n'existe pas. Un plafond de consommation d'eau transformé en moyenne, puis en certitude, puis en slogan. Des turbines au gaz importées du Tennessee. Une personne qui s'est découverte en « impact sévère » parce qu'un carré passait au-dessus de sa maison.

Ces gens-là n'ont pas menti. Ils ont partagé de bonne foi ce qu'ils croyaient être des faits. Mais une signature obtenue à partir d'un quadrillage inventé ne vaut pas la même chose qu'une signature donnée en connaissance de cause, et ce n'est pas au conseil de faire cette distinction. C'est aux signataires.

Le risque n'est donc pas que Sherbrooke perde un investissement de 1,8 milliard. Le risque, c'est que dans six mois, au moment où Keel déposera sa demande d'usage et où la Ville devra se positionner pour vrai, l'opposition ait tellement crié au loup sur des infrasons cartographiés au carré que ses vraies questions ne pèsent plus rien. L'eau, dont aucun chiffre n'existe. Le bruit basse fréquence, que les règlements municipaux mesurent mal. Le boisé, dont la superficie cédée n'a jamais été publiée. La vingtaine d'emplois permanents pour 1,8 milliard d'investissement. Le fait que New York, elle, a jugé ne pas avoir le cadre réglementaire pour évaluer ce type de projet.

Il y a un dossier solide à monter ici. Il est dans les archives de la Ville, dans le registre des plaintes, dans le sommaire décisionnel et dans les décrets américains. Pas sur Google Maps.

Signez la pétition si vous y croyez. C'est votre droit et c'est utile. Mais lisez-la avant. Et si son titre et ses demandes ne disent pas la même chose, exigez qu'elle choisisse. C'est comme ça qu'un document citoyen devient impossible à tabletter.

Note de la rédaction

Sur les personnes nommées. Les citoyens identifiés dans ce billet ont publié sous leur propre nom, soit dans un groupe Facebook ouvert à tous, soit sur un profil public, soit à titre de lanceur d'une pétition publique avec contact presse. Aucun propos tenu en privé n'y figure. Nous avons choisi de ne pas nommer une commentatrice dont la publication portait sur son état de santé.

Sur la méthode. Ce billet repose sur des documents publics et des publications publiques. Nous n'avons contacté ni Keel Infrastructure, ni la Ville de Sherbrooke, ni Hydro-Sherbrooke, et nous n'avons déposé aucune demande d'accès à l'information avant publication. C'est une limite, et nous la nommons plutôt que de la masquer.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier. Les distances exactes entre les trois usines actuelles, le terrain visé et les premières résidences. L'identité du poste électrique desservant les installations actuelles. La superficie précise du boisé cédée et destinée à l'abattage. Le nombre de plaintes de bruit reçues par la Ville depuis 2023 pour les trois sites du parc industriel. Chacune de ces données existe quelque part. Aucune n'est publique. C'est en soi une partie du problème.

Droit de réplique. Toute personne ou organisation mentionnée dans ce billet qui souhaite préciser, corriger ou contredire un élément peut nous écrire. Nous publierons.

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Sources

[1] Ville de Sherbrooke — Sommaire décisionnel, séance du conseil municipal — 13 juillet 2026
[2] La Tribune — « Un premier feu vert pour un méga centre de données à Sherbrooke » — 13 juillet 2026
[3] Keel Infrastructure Corp. — Communiqué sur l'avancement du projet de Sherbrooke — 15 juillet 2026
[4] Le Sherbrooke — « Sherbrooke ouvre la porte à un centre de données en intelligence artificielle » — juillet 2026
[5] Change.org — Pétition « Arrêter le projet de méga centre de données à Sherbrooke », David Letendre — lancée le 19 juillet 2026, consultée le 27 juillet 2026
[6] La Tribune — « Des citoyens lancent une pétition pour s'opposer au projet de centre de données », Simon Roberge — 24 juillet 2026
[7] Journal de Sherbrooke — « L'opposition au projet de méga centre de données prend de l'ampleur à Sherbrooke », Tim Gaudreau — 25 juillet 2026
[8] Publications publiques, groupe Facebook « Sherbrooke | Discussion de politique municipale et d'actualité » et profils publics — 23 au 26 juillet 2026
[9] Radio-Canada — « Bitfarms : 26 plaintes déposées au ministère de l'Environnement concernant le bruit » — 6 février 2020
[10] Radio-Canada — « L'usine Bitfarms de Sherbrooke encore trop bruyante, déplorent des résidents » — 22 août 2020
[11] Radio-Canada — « Trop bruyante, l'usine Bitfarms de Sherbrooke reçoit une amende de 10 000 $ » — 19 décembre 2020
[12] Radio-Canada — « Les plaintes persistent malgré les travaux de Bitfarms » — 18 mai 2021
[13] Radio-Canada — « Nuisance sonore : mobilisation citoyenne contre Bitfarms, à Sherbrooke » — 7 juillet 2021
[14] Le Devoir — « À Sherbrooke, des citoyens luttent contre le Goliath de la cryptomonnaie » — 27 septembre 2021
[15] La Tribune — « Trois nouvelles usines pour Bitfarms à Sherbrooke » — 17 novembre 2021
[16] Radio-Canada — « La Ville autorise le déménagement de l'usine Bitfarms à deux autres emplacements » — 23 novembre 2021
[17] Radio-Canada — « Bitfarms confirme l'achat d'un terrain pour sa nouvelle usine à Sherbrooke » — 15 mars 2022
[18] La Tribune — « Bitfarms procède à une dernière acquisition avant son déménagement » — 16 mars 2022
[19] Radio-Canada — « Des riverains se réjouissent du déménagement de l'usine Bitfarms » — 1er décembre 2022
[20] État de New York, cabinet de la gouverneure — Décret instaurant un moratoire sur les centres de données hyperscale — 14 juillet 2026
[21] Législature de l'État de New York — Responsible Data Center Development Act (S10642 / A11560) — adoptée le 4 juin 2026
[22] Le Devoir — Louise-Maude Rioux Soucy — 22 juillet 2026, telle que citée par une signataire de la pétition
[23] La Tribune — « Sherbrooke devra réduire sa consommation d'eau potable » — 10 octobre 2024
[24] La Presse — « Centres de données : plaidoyer pour un BAPE général » — 18 juin 2026
[25] Imagerie satellitaire : Google Maps


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