Sherbrooke 2026 : un siège ouvert, et le bilan Beaudin dans la balance
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Sherbrooke 2026 : un siège ouvert, et le bilan Beaudin dans la balance

À l'automne 2026, Sherbrooke élira un nouveau ou une nouvelle députée à l'Assemblée nationale. Pour la première fois depuis longtemps, la course est ouverte : pas de sortant, un rapport de force chamboulé, et des noms qui circulent — dont celui de l'ex-mairesse Évelyne Beaudin. Avant de parler d'avenir, déroulons les faits. Et les faits, ici, parlent surtout d'un bilan de gestion.

Le point de départ : un siège qui se libère

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie (Québec solidaire), élue en 2018 et réélue en 2022, ne sollicitera pas de troisième mandat. Son départ retire de l'équation la figure la plus solidement implantée localement — celle qui avait raflé près de 42 % des voix en 2022.

SHERBROOKE — RÉSULTATS DE 2022 QS · Labrie 41,9 % CAQ · St-Hilaire 35,3 % PQ · Bérubé-Lauzière 9,1 % Cons. · St-Amand 6,7 % PLQ · Vaes 5,8 % Forteresse solidaire en 2022. Sans Christine Labrie, l'avantage du sortant disparaît — et la circonscription redevient un terrain à reconquérir.

Le contexte : une vague qui rebrasse les cartes

Le rapport de force québécois s'est déplacé. Le Parti québécois domine les intentions de vote, au point qu'un chroniqueur régional écrivait en janvier que, si le scrutin avait lieu maintenant, toute l'Estrie pourrait basculer au PQ. Dans un comté sans sortant, ce vent change tout : la course est grande ouverte, et un parti en avance attire naturellement les têtes d'affiche.

Le facteur Beaudin — et la vraie question

C'est le nom qui fait jaser. L'ex-mairesse Évelyne Beaudin, indépendantiste de longue date (cofondatrice d'Option nationale, candidate dès 2012), a ouvert la porte à un saut en politique québécoise et montré de l'intérêt envers le PQ. En novembre 2025, elle précisait toutefois n'avoir aucun engagement et ne pas avoir été approchée officiellement : à ce jour, sa candidature relève donc de la rumeur, pas du fait accompli.

Mais la question que soulève son nom n'est pas celle de l'avenir — c'est celle du bilan. Et sur le plan de la gestion, son mandat municipal a laissé des traces documentées.

53 % d'insatisfaits (dont 23 % très insatisfaits) 34 % de satisfaits sondage SOM– La Tribune–107,7 Rapport CMQ microgestion, manque de confiance Départs au comité exécutif et à la présidence du conseil

Les faits, tels que rapportés :

D'abord, l'opinion publique. Un sondage SOM–La Tribune–107,7 Estrie publié à l'automne 2024 lui accordait 34 % de satisfaction, contre 53 % d'insatisfaction — dont près d'une personne sur quatre « très insatisfaite ». À titre de comparaison, son prédécesseur Steve Lussier, pourtant mal-aimé, avait obtenu 61 % de satisfaction à un sondage similaire.

Ensuite, la gestion interne. En juin 2024, un rapport de la Commission municipale du Québec a relevé des problèmes de microgestion et de communication au sein de son administration, ainsi qu'un manque de confiance entre l'exécutif et les fonctionnaires. Un an plus tard, une enquête de La Tribune fondée sur plusieurs sources administratives et politiques rapportait que sa manière de travailler avait laissé des traces dans les équipes et nui à certains projets municipaux — une source administrative résumant que, « sur papier » la gouvernance était adéquate, mais que « c'est dans l'application que ça s'est gâté ».

Enfin, la dynamique du conseil. Le parti de la mairesse, Sherbrooke Citoyen, n'était pas majoritaire au conseil — ses élus n'ont donc jamais eu « les coudées franches », tandis que le comité exécutif s'appuyait largement sur sa propre formation. La fin de mandat a aussi été marquée par des départs notables, dont celui de la présidente du conseil, démise de ses fonctions.

Les deux lectures

Pour ses détracteurs : un climat de gestion tendu, une administration pointée par la CMQ, une insatisfaction populaire majoritaire — autant de signaux sur la capacité à diriger dans un environnement sous haute pression.

Pour sa défense : Beaudin soutient que les tensions précédaient son arrivée, qu'un conseil minoritaire l'a privée de marge de manœuvre, et revendique des réalisations (nouveau plan d'urbanisme, Plan nature). Une source la décrit même comme l'une des « meilleures têtes » passées à la Ville.

Ce qu'il faut surveiller

Trois jalons diront où va vraiment la circonscription : qui chaque parti désignera — et s'il y a des courses à l'investiture, notamment au PQ, où Yves Bérubé-Lauzière (candidat de 2022 et président de l'exécutif local) a déjà exprimé des réserves sur une candidature Beaudin; qui QS choisira pour défendre l'héritage de Labrie; et si la vague péquiste tiendra jusqu'au vote.

Une chose est sûre : pour la première fois depuis des années, Sherbrooke n'appartient à personne d'avance. Le bilan est sur la table, les rumeurs aussi. À chacun d'en faire la lecture.

Sources : sondage SOM–La Tribune–107,7 Estrie (oct. 2024); chronique de Mickaël Bergeron, La Tribune (« Dur dur d'être une mairesse », oct. 2024; « Cinq dossiers à surveiller en Estrie en 2026 », janv. 2026); enquête de La Tribune, « Évelyne Beaudin est-elle allée trop loin? » (9 juin 2025); rapport de la Commission municipale du Québec (juin 2024); La Presse (14 nov. 2025); résultats 2022 : Élections Québec.


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